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Argentine : le dilemme de Cristina Kirchner
» Par
meowmiow
| le 10-03-2010 à 15:51 | 37 visites (
15 uniques
) | 1
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Négocier ou poursuivre l'affrontement ? C'est la question qui est désormais posée au gouvernement argentin et à l'opposition alors que le conflit politico-judiciaire sur l'usage des réserves de la banque centrale s'est brusquement durci au risque de déboucher sur un blocage des institutions. Ceux qui pensaient que le bras de fer diplomatique entre Buenos Aires et Londres à propos du pétrole des îles Malouines allait refaire l'union sacrée du pays ne peuvent que constater les dégâts : la tension est montée d'un cran la semaine dernière et ne semble pas baisser alors que les sénateurs s'apprêtent à rejeter demain la nomination de la nouvelle présidente de la banque centrale, Mercedes Marco del Pont. Cette fidèle des Kirchner a succédé à Martin Redrado, démissionnaire au terme d'un long bras de fer avec la présidente, Cristina Kirchner.
Lundi 1er mars, prenant tout le monde par surprise, la présidente, Cristina Kirchner, a annoncé dans son discours d'ouverture de la session du Parlement, la signature de deux nouveaux décrets lui permettant de puiser dans les réserves de la Banque centrale pour payer la dette du pays.
Les élus se sont sentis dupés : la justice avait suspendu le mois dernier un décret pratiquement identique qui a déclenché la crise institutionnelle.
La violence du discours de la présidente et ses attaques contre la justice ont également surpris. «Nous avons besoin de juges qui se prononcent non pas en fonction de la une de Clarin (le quotidien le plus vendu, anti-Kirchner) mais du Code civil et pénal» a-t-elle lancé à un Hémicycle abasourdi, ajoutant «la République argentine dispose d'un régime présidentiel et pas d'un régime parlementaire, il n'existe pas de cohabitation avec l'opposition.»
Celle-ci a promis une riposte judiciaire et politique.
Le 2 mars, la juge fédérale Claudia Rodriguez Vidal suspendait le nouveau décret, suscitant une nouvelle salve du chef de l'État, cette fois en direct de la Casa Rosada, le siège du gouvernement. «Je ne permettrais pas qu'une juge laisse impayée la dette de l'État», a menacé la présidente, laissant entendre qu'elle était prête à passer outre une décision de justice.
Contrôler les ressources fiscales
Pour le professeur de droit constitutionnel de l'université de Buenos Aires, Daniel Sabsay, «c'est la première fois depuis le retour à la démocratie (1983) qu'un chef d'État se montre d'une telle virulence à l'égard du Congrès. Il y a là un cas de délit du point de vue du droit pénal vis-à-vis des institutions qui ouvre la voie juridique à une procédure d'impeachment ».
La situation est d'autant plus compliquée pour les Kirchner qu'ils ont non seulement perdu la majorité à la Chambre, depuis la déroute législative de juin 2009, mais également au Sénat. Ils risquent ainsi de voir leur échapper le contrôle des ressources fiscales du pays. D'où l'importance désormais de composer. Mais le pourront-ils ?
«L'histoire montre depuis 1983 que lorsque le gouvernement perd les élections législatives qui précèdent le scrutin présidentiel, comme ce fut le cas pour Alfonsin en 1987, pour Menem en 1997 et pour De la Rua en 2001, il perd le pouvoir », observe le politologue Rosendo Fraga de l'institut Nueva Mayoria. «Le partage du pouvoir n'est pas dans la culture politique argentine et c'est bien le problème. Le kirchnerisme en est l'exemple poussé à l'extrême. Une solution de cohabitation à la française serait l'idéal, mais c'est pratiquement impensable ici.»
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sylviou
le 10-03-2010 à 15:59
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